Cartes Postales Anciennes

Historique Samazan

Il était une fois le pays de Loutrange traversé par la Carrerrasse et bordé par l’Avance

La Loutrange ou Leutringa (De Liudh homme libre et ring anneau)
(Semble être une région car de nos jours aucun lieu-dit ne porte ce nom)

L’Archiprêtré de Loutrange a des  » frontières  » imprécises qui évoluent entre les Comptes de 1329 et ceux de 1535. Il trouve son centre en la rivière Serac et pourrait s’être étendu jusqu’à la Garonne…

loutrange

Quand naquirent la châtellenie de Meilhan, la seigneurie de Bouglon et les commanderies de Cours et Romestaing, le pays de Loutrange disparut et fut réduit au fief de l’Archevêché dont il prit le nom… nom qui varia lui aussi et fut tantôt Archiprêtré de Sadirac ou de Cocumont..

Passé la Plaine de la Garonne, arrive la première terrasse de la rive gauche, terrain privilégié d’une grande forêt de chênes, hêtres, charmes et bouleaux….Là, loin des débordements de Dame Garonne, se trouvait la Carrerrasse, voie gallo-romaine qui reliait des centres importants à cette époque : Hure, Revenac, le Mas, Calonges.. Parmi les domaines-paroisses traversées par cette voie, on relève le nom franc de Samatianum (Samazan)

Samazan est peu occupé avant le Moyen Âge. Des voies sont construites sur ses terres durant l’Antiquité et un cimetière est établi dans l’actuel village au cours du haut Moyen Âge. Il n’est toutefois pas sûr qu’un bourg ait été établi avant le XIIe siècle, époque marquée par une expansion démographique et une croissance économique.

La vallée de l’Avance qui voyait se rencontrer le Bazadais, l’Agenais et plus tard le Comdomois, c’est à dire le parti anglais contre le parti français, au gré des guerres, était une ligne de front de première importance pour la région !

Comme Marcellus, Samazan tire son nom d’un personnage du temps de l’occupation de la Gaule par les Romains, un certain Samatianum.
Samazan était une bastide en bordure de la Carrerasse (voie gallo romaine), rattachée à la Loutrange.

La Bastide de Samazan est citée dans un testament de la famille de Caumont en 1338….
On ne sait à quelle date elle fut détruite

La seigneurie et la bastide de Samazan passèrent alternativement entre les mains des Albret et des Caumont, les deux grandes familles les plus puissantes de notre région… le château appartenant parfois aux uns et la bastide aux autres ! L’histoire de Samazan est souvent liée à celle de Montpouillan.

• 1er novembre 1300 – Guillaume III de Caumont, Seigneur de Montpouillan et Samazan, fils de Bertrand et d’Indie de l’Isle Jourdain rend hommage à l’archevêque de Bordeaux pour la terre de Loutrange et la Motte de Montpouillan

• 1329 – Samazan faisait partie de la juridiction du Pays de Loutrange (rôles gascons) et appartenait aux seigneurs de Caumont. Le château de Samazan pourrait avoir pour origine la protection de la Loutrange, tout comme le château de Montpouillan

• 1334 – Les Caumont possèdent la bastide de Samazan qui est alors, avec Montpouillan, détachée de la Loutrange

• 1337 – Guillaume Raymond 1er de Caumont est toujours seigneur de Montpouillan et Samazan…

• 1358, le 8 avril…le seigneur de Caumont vend Montpouillan et Samazan au Sieur de Monlaur pour la somme de 12 000 léopards d’or… le même jour, ledit Sieur de Monlaur revend lesdits Montpouillan et Samazan à Blanche de Grelly, fille du Vicomte de Benauges
Par la suite, Montpouillan (la motte) et Samazan (la bastide) sembleraient être passées sous domination anglaise jusqu’au …

• 30 février 1390, Richard II Cœur de Lion, Roi d’Angleterre, concède à Nompar de Caumont, les lieux de Montpouillan et Samazan, sauf droits et services accoutumés

• 17 septembre 1395 – par lettres patentes, Jean, Duc de Guyenne et Lancaster, donne à  » son très cher et féal écuyer Nompar de Caumont  » et à ses successeurs les baronnies de Montpouillan et Samazan

• 6 octobre 1395 – Jean de Beaufort, Seigneur de Luxeuil, vend à Nompar de Caumont, tout ce qu’il possède aux lieux, châteaux et baronnies de Montpouillan et Samazan

• août 1400 – « partance est fait entre Anissantz de Caumont, seigneur de Samazan et dame Jeanne d’Albret, pour tout ce qui touche ledict lieu de Samazan »

• 1407 – les Albret ont pour alliés, entre autres, la motte de Montpouillan et la bastide de Samazan

• 1470 – François 1er de Caumont est Seigneur de Samazan et Montpouillan

• 1500 – Charles de Caumont possède toujours les baronnies de Samazan et Montpouillan

• 1527 – Charles de Caumont transige avec Henri Roi de Navarre au sujet du différent qui est entre eux pour les terres et seigneuries de Samazan et Montpouillan… En vertu de cet accord, Samazan retourne au Roi de Navarre, par arrêt du parlement de Toulouse

• 1545 – un contrat d’échange est signé entre le Roy Henri de Navarre et Monsieur le Général de Guyenne. Par ce contrat, sa majesté le Roy Henri donne à Noble Pierre Secondat, la Seigneurie de Samazan et ledit Secondat donne au Roy la Seigneurie de Taillebourg

• vers 1555 – acquisition par le Roy et la Reyne de Navarre, de la moitié du moulin de Hauqueton en la juridiction de Samazan pour la somme de 500 livres tournois

• 15 juin 1583 – contrat d’échange des dîmes inféodées de Samazan et du péage de Taillebourg, fait entre le Roy de Navarre et le Sieur de Birac… contrat retenu par Maître Nicolas de Brassay, notaire royal

• 1584 – la Reine de Navarre organise une vente de toutes les seigneuries qui ne rapportent pas assez ! lors de la vente de la Seigneurie de Samazan aux de Brassay, seul le château est mentionné… la justice revenant aux Meilhon, Pardiac et Pomiers

Patrimoine local

Toutes les informations qui suivent sont extraites, avec autorisation, du site :

mariefb.pagesperso-orange.fr/Samazan/samazan.htm que nous vous invitons à visiter pour de plus amples renseignements.

Avec nos remerciements au créateur et animateur de ce Website pour le travail de recherches accompli et la quantité de renseignements fournis.


L’église St Pierre se dresse, isolée sur l’unique place du bourg… long vaisseau terminé a l’est par une abside à cinq pans et à l’ouest par une forte tour carrée, couverte d’un éteignoir de tuiles….

Sa construction semble remonter au second tiers du XVIème siècle (vers 1560)

Extraits de notes prises par Tholin (Source : Pouillé de Durengues)

Portail roman en plein cintre à quadruple retraite sans décoration

Le clocher, grande cour carrée qui fait porche à l’avant de l’église, la nef et un bas-côté au nord de 3 travers chacun, le chevet à 5 pans, appartiennent à la dernière époque gothique.

Le bas-côté a été ouvert en brèche par 3 arcades. la voute de son chevet plat en étoile et la voute du sanctuaire aux arcs multiples unies par 7 clefs sont anciennes.

Les autres voutes en grandes croisées d’ogives, appartiennent à une restauration moderne.

Cette restauration eut lieu en 1778 et coûta 13000 francs, payés en grande partie par la fabrique.

L’état accorda quant à lui, la somme de 2000 francs

Il y a une chapelle dédiée à la Sainte Vierge

eglise-ancienne


Extraits des registres paroissiaux tenus par l’Abbé Laujacq et son successeur le curé Veilhon, qui donnent de nombreuses indications sur les embellissements et réparations de l’église…et sur les cloches .

1738 -Sous le consulat de Messieurs Pomiers, Cadet et Lanson… à été faite à neuf la charpente de la présente église aussi bien que le lambris de la grande nef qui coûta à la paroisse la somme de 1680 livres ; lesdits Poujardin, Gascon et Capdeville, maîtres charpentiers de haute futaie de la paroisse et juridiction de Cocumont, ont fait ledit ouvrage et finirent ledit ouvrage en l’an 1738

1740 – le curé Laujacq a béni une nouvelle cloche dont les parrains et marraines sont Messire Henri de Sacriste, Seigneur de Samazan et Dame Charlotte Rose Sacriste, Dame de Molinot..

1748 – le 19 septembre, la Croix de Pierre a été mise dans le cimetière et faite par Calca?? maître architecte de la ville de Marmande.

Ce pieux don a été donné et payé par Monsieur Carrère, ancien curé de Samazan et maistre Min ? , chanoine et trésorier de St Sernin de Bordeaux. Et fut bénite le 22ème jour de dimanche même mois et an que dessus par moy soussigné

17 septembre 1750 – ….furent ordonnées les réparations suivantes :

– que le croissant du soleil sera doré
– que le tabernacle sera changé en un neuf de même que les gradins et qu’il sera doublé en dedans d’une étoffe de soie
– que le tableau sera retouché ou changé
– que la lampe devant le Saint sacrement brûlera jour et nuit
– que les vitraux du sanctuaire de la sacristie et de la nef seront garnis de barres de fer et de fils d’archal en dehors
– que la collatérale de la nef sera lambrissée dans toute son étendue
– que la chaise à prêcher sera réparée et mise en bon état
– qu’il soit fait des portes en claire voix aux trois entrées du cimetière pour que les bestiaux ne puissent pas entrer

1751, le 20ème de novembre… a été mis et posé le tableau neuf au grand autel de même que le tabernacle dudit, doré en plain et le cadre du tableau aussi et 6 chandeliers argentés, le tout pour la somme de 400 livres qui ont été payés par moitié par Sieur Louis Armenaut, procureur d’office de la présente juridiction comme fondé de procuration de Messieurs les tuteurs de Monsieur le Marquis de Tombeboeuf, mineur, en qualité de gros décîmateur, et moy, Laujacq, curé , l’autre moitié

Le tableau a été fait par le Sieur Vimiere, peintre, restant par la ville de La Réolle, qui coûta 50 livres

Et le tabernacle a été fait par Maître Labermondie dit Blondin, sculpteur restant en la ville de Marmande, le tout pour la somme et prix de 350 livres

Et fut béni le tableau et tabernacle, le 19ème du même mois avant d’être mis en place par Mr Guygnes, prêtre et curé des ? ou assistèrent Mr Dandiran, curé de Samazan et Gras, curé de Bouglon Vieux…..

1757 – la Croix Processionale argentée a été donnée à la paroisse par le Sieur Daunis, prêtre et curé de Ludon, au diocèse de Bordeaux en Médoc, qui coûta 48 livres et fut bénite le jour de la Noël même année, par moy, Laujacq, curé de Samazan

1764 – dans la présente année 1764, a été faite à neuf la chaire à prêcher
ainsi que les raquetes (remplages) des deux grands vitraux de la nef, par la communauté, dont l’argent a été pris sur des reliquataires, des débiteurs de ladite communauté, qui ont été condamnés par arrêt de la Cour des Aydes de 1762.. qui sont les Sieurs Pomiers frères, Pardiac, Barrot et Marrens.

Ledit ouvrage par Barthélémy Soubiran, par ordre de Monsieur de Boulin, intendant de Guyenne, pour le prix et somme de quatre cents nonante livres suivant le bail fait en conséquence dudit ordre dudit Seigneur Intendant …..

1774 – le 29 août, a été bénie la Croix de pierre, faite aux dépens de Jacques Pomiers l’aîné qui en a fait présent à la paroisse; elle a coûté 60 francs

1783 – le clocher a été élevé de 8 pieds. L’église a été blanchie, carrelée et couverte ainsi que le chœur et la sacristie

1786 – le 15 octobre, après avoir obtenu la permission de Monsieur l’abbé de Culture? vicaire général de Bazas, a été bénie la Chapelle de Notre Dame, dont le tabernacle et l’accompagnement a été fait à neuf, excepté le cadre et le tableau qui ont été retouchés et peints de nouveau par Messieurs Duman et Joseph et Pierre Labry, peintres et doreurs qui ont fait l’ouvrage pour la somme de 490 livres, sans compter les rideaux qui ont coûté 90 livres à 3 l.13s. l’aune; et la nouvelle croisée du nord a coûté 94 livres; soit un total de 674 livres; plus 3 journées de maçon à 25 sols soit 3 l. 15s.; plus 2 journées de manœuvres à 20 sols soit 2 livres.

Total 679 livres 15 sols… sur laquelle somme, j’ai reçu de la bienfaisance publique la somme de 353 livres 5 sols.

Plus je devais à l’église, que j’ai mis à ladite chapelle, la somme de 52 livres….

Reste donc 405 livres 5 sols

1787 – le 7 septembre, la réparation du grand sanctuaire a été finie; cette réparation a consisté dans la confection des 4 pères de l’église, dans la confection des 2 crédences neuves, leur peinture et dorure, et dans celle de l’autel; le tabernacle a été décrassé ainsi que le cadre, et la peinture de la voûte ainsi que celle des murs dudit sanctuaire.. ceci pour la somme de 284 livres 10 sols

1788 – le 17 avril , j’ai reçu de Toulouse, par le moyen du révérend Père Descamps, professeur royal : 5 chandeliers, un christ, un encensoir, le tout argentés; deux chasubles, une violette et l’autre noire, à 48 livres chacune.

Et le reste a coûté 100 livres. Le tout monte a 196 livres, payé comptant

Bénédiction de la seconde cloche de Samazan en 1782

Le 14 décembre 1782, je soussigné ayant obtenu le pouvoir de l’abbé de Culture, vicaire général de Bazas, ai béni la cloche de la communauté, du poids de 449 livres et faite par Poulange fondeur à Bordeaux.

Parrain et marraine ont été Mr Augustin DEDIEU, jurat, premier consul et Anne Marie Michele DAUVAISE, épouse de Messire Bernard Fulgence DEDIEU, Seigneur de Samazan et de Noaillac.

L’aujourd’hui 7 juillet 1782, après midi, dans le bourg de la juridiction de Samazan, par-devant la constitution en Albret, soussignés présents les témoins des paroissiens, ont comparu :

– Sr Augustin DEDIEU, avocat au Parlement et consul de la Juridiction
– Jean FERRAN, 1er consul
– Sr Pierre PARDIAC de CANTET
– Jean RAYNE, notaire royal, faisant tant pour lui que pour Srs Jean et Bousquet RAYNE, ses père et frère
– Sr Jean DUBOS
– Mathieu RAYNE
– et Jean MARRENS, François SALENAVE, Bernard VACQUE, Jean BETEILLE, Pierre JARDINET, Jean DUPIN CAMPOT et Antoine BOISSERIE, ces derniers jurats, principaux taillables et habitants d’icelle bourgade.

Considérant combien une 2ème cloche serait utile pour l’usage d’une paroisse aussi étendue et aussi peuplée, s’étant mutuellement concertés à cet égard, se seront mutuellement décidés à nous fournir à leurs propres frais.

Depuis, en conséquence, m’ont dit, Sr Dedieu, comme offrande, fournir pour sa part 225′ et Sr Pardiac de Cantet 125′;

ledit Sr Rayne, tant pour lui que pour ses père et frère 135′ et auxquels dits ses père et frère, il promet de faire approuver les présentes mesures par leur signature au bas d’icelui;

les Srs Dubos et Mathieu Rayne, celle de 55′ chacun;
et les Srs Jean Ferran 1er consul, Marrens, Salenave, Vacqué, Béteille, Jardinet, Dupin Campot et Boisserie celle de 40′ chacun;

Arrivant toutes , les susdites sommes ensemble, à celle de 915′ que chacun d’eux, pour ce qui le concerne, promet et s’oblige de remettre aux mains du Sr Jean Baptiste Dupin, sindic fabricien en deux versements égaux

A savoir, la 1ère part durant le mois d’août prochain et la 2ème part durant le mois d’août aussi prochain de un an

Et à laquelle susdite somme de 915′, le Sr Dupin, sindic, ajoutera celle de 40′ comme participant aux frais de laditte cloche.

Lequel Sr Dupin, sindic, pourra prendre avec les fondeurs tel arrangement qu’il jugera convenable pour la fonte de la susditte cloche jusqu’à la concurrence de la susditte somme, promettant les susdits nommés la garantie et relever par-devant de tous ceux qu’il pourra contacter, ou qu’il peut déjà avoir contacté, à raison de ce qu’en conséquence, laditte cloche soit fournie des propres deniers desdits susnommés;

Néanmoins, comme ils sont pris entre le corps de jurade et parmi les principaux taillables et habitants, et qu’ils ont à cœur l’intérêt général de la paroisse, ils veulent bien que leur cloche serve de concert avec la cloche paroissiale dans les principales occasions ainsi qu’il a été délibéré et convenu entre les principaux habitants par acte de jurade du mois de juin dernier.